J’ai voyagé avec Papillon

Bon, ça y est. Elle a commencé la drogue, vous vous dites sûrement en lisant le titre. Nope. Du tout. Mais en cette nuit d'insomnie, j'ai eu envie d'écrire. Je me suis couchée quand même tard, vers 23:30 (oui, maintenant c'est tard pour moi….). Je me suis mise à réfléchir. L'insomnie est tenace et parfois, presque mon amie. Parce qu'elle me permet de réfléchir. Mais ce soir, les réflexions se sont transformées en larmes, depuis trop longtemps refoulées. En sanglots étouffés dans mon oreiller. À en avoir de la misère à respirer, à reprendre mon souffle. Je me suis mise à penser à ce qui m'avait amené jusqu'ici…. en ce moment, avec ces émotions. Avec l'impression de ne rien avoir en avant de moi, sauf le doute.

Sur quelle route mes pensées se sont-elles dirigées pour m'amener ici… à pleurer seule dans mon sac de couchage, au camp où je suis bénévole, que j'adore et qui est mon oasis de paix.

Puis, question de me calmer, je me suis mise à réfléchir aux choses qui m'ont fait rire dernièrement. Mais vraiment rire. Aux larmes. Puis je me suis souvenue que j'avais fait un "post" Facebook sur ma page personnelle en promettant de raconter une histoire. Une histoire de Papillon. Je vais tenter de faire ça passablement court. Mais ne vous fatiguez pas trop vite, je vous jure que ça en vaut la peine et je vous JURE que l'histoire est vraie. Complètement véridique.

Un vendredi matin, au camp Minogami où je suis bénévole, le téléphone a sonné à 7:30. Ce qui est rarement une bonne nouvelle. Mon œil hagard s'est ouvert et mes oreilles se sont dressées, comme celles d'un chien. Comme je le redoutais, une voix a appelé l'infirmerie au CB. J'ai pris l'appel. Un moniteur m'appelait parce qu'un campeur n'allait pas bien. Ils sont en expédition de canot-camping, à 138 km au Nord de Girardville, dans les chemins forestiers du Saguenay, sur la rivière Ouasiemsca. Avec la coordination, nous prenons la décision d'aller évacuer le campeur, ou du moins l'évaluer adéquatement (parce que évaluer via téléphone satellite, ce n'est pas toujours évident).

Je pars donc sur la route, avec 3 membres du personnel du camp, 2 chauffeurs et 1 qui va remplacer le campeur si on l'évacue, dans un minibus blanc, communément appelé Le Sauvageau. La route est longue pour s'y rendre. Nous arrivons 6h après notre départ mais le chemin que nous devions prendre ensuite avait été coupé par une crue. Ça ne se voit pas sur une carte, évidemment.

Le chauffeur réussit donc à rejoindre la coordonnatrice des expéditions via le téléphone satellite et nous devons retourner à Girardville pour reprendre un autre chemin. Nous ne trouvons pas l'endroit. Il fait noir et nous essayons plusieurs bifurcations, sans succès. Il pleut légèrement mais assez pour que la ligne du téléphone satellite coupe constamment, ce qui fait LÉGÈREMENT descendre tous les saints du ciel de la bouche de notre chauffeur, qui décide, à un moment donné de s'équiper d'un imperméable et d'une lampe frontale et de monter sur le toit du Sauvageau pour avoir une meilleure réception. Il réussit finalement à rejoindre un autre coordonnateur aux expéditions, et ils jasent de route pendant que je prends religieusement des notes sur le chemin qu'il nous indique. Je lève la tête et aperçoit brièvement un papillon de nuit. Un gros. Laid et toute la patente. Je suis concentrée sur mes notes et tout à coup j'entends un bruit d'étouffement et une petite toux, suivi d'un bref haut-le-cœur. Je lève la tête et j'entends un retentissant: " TABARNAK! J'AI AVALÉ UN PAPILLON!!!" J'éclate de rire. Des rires qui résonnent dans la forêt où nous sommes et qui me font un bien fou.

Au bout de 5 minutes, nous rentrons dans le Sauvageau pour que notre chauffeur nous explique le plan. Il commence à parler, 20-30 secondes. Il tousse, légèrement et puis un gros coup comme s'il avait un chat dans la gorge. Un chat? Nenon. LE foutu papillon sort de sa bouche et recommence à voler dans le Sauvageau, bien à l'aise de son aventure dans la gorge d'un être humain.

Nous avons tous eu un moment d'arrêt. La face de Frank, le chauffeur, valait 100 millions. Une face de dégoût, avec des yeux de merlan frit, mélangée à de la surprise et complètement estomaqué Genre de face que ferait un enfant qui découvre ses parents en train de faire l'amour.

Il s'est lentement retourné vers moi et a demandé, pas trop certain de ce qui venait de se passer: "est-ce que je viens de tousser un PAPILLON, là??" Il avait encore son air de chevreuil en avant des phares de voiture. J'ai dit oui, d'une petite voix et nous avons tous éclaté de rire, intensément et longuement. Puis nous avons repris nos esprits, et la route par la même occasion.

Le chemin n'était encore pas le bon mais nous sommes arrivés à un chalet, sur le bord de la rivière où il semblait y avoir des gens. Il était 00:30. Nous avons tranquillement fait le tour de la propriété, avant de se décider à cogner. Un couple de jeunes retraités sont arrivés à la porte, un peu apeurés, mais dès que Frank a prononcé les mots "Camp Minogami", ils nous ont ouvert la porte et nous ont accueillis comme de vieux amis. L'homme nous a raconté être allé conduire une campeuse à l'hôpital l'an dernier ou l'autre avant, alors que le groupe passait devant son chalet et que par la suite, le camp leur avait envoyé des chandails du camp et autres pour les remercier. Depuis, ils s'installent près de la rivière et saluent les campeurs qui passent sur ce trajet quand ils les voient. Ils nous a confié avoir reçu des petits messages de bonjour ou de remerciements sous son tapis de porte, de la part des moniteurs/monitrices à l'occasion. La dame à lavé et rempli chacune de nos gourdes d'eau. En me voyant, la seule fille du groupe, elle s'est avancée vers moi: "J'ai des TOILETTES! As-tu besoin d'y aller?" On a tous ri un peu et j'ai dit: "non merci, je suis une fille de bois, il n'y a pas de problème, je me suis organisée."

Nous leur avons dit que nous cherchions tel endroit, l'homme nous a offert de nous y conduire. Il connaissait les chemins par cœur. 15 minutes plus tard, nous trouvions les campeurs. Si jamais vous lisez ceci, Yves et Sylvie, vous serez a jamais dans mon cœur et je n'oublierai jamais votre générosité au milieu de la nuit.

Nous avons dormi un peu avant de reprendre la route avec le campeur, dont l'état était stable, mais il souhaitait revenir au camp pour prendre quelques jours de repos. Nous nous sommes donc dirigés vers une auberge à Dolbeau-Mistassini, question d'avoir quelques heures de sommeil dans le corps, et où nous devions également retrouver une autre campeuse évacuée par une autre équipe, avant de revenir au camp le lendemain, tous ensembles. (Si vous vous posez la question, ça n'arrive pas très souvent, plusieurs évacuations en même temps).

En retournant vers la civilisation, j'ai soudainement vu LE Papillon voler devant moi. J'ai dit à Frank: "regarde!! C'est celui-là! C'est lui que tu as avalé!!" Il riait.
– Bin non! Marie! IM-POS-SI-BLE!!! Il est bien trop gros!
– Frank, je te le jure! Crime je l'ai vu avant d'entrer et je l'ai VU sortir de ta bouche à même pas 1 mètre de moi!
– AAAAAARRRRRKKKKK! Mais yé bin gros!!!!
-Ouep…..

Cet éclat de rire entre Frank et moi, a duré facilement une heure où on se racontait et on recommençait à se raconter l'histoire, en riant aux larmes et en n'y croyant presque pas nous-mêmes. Nous avons même décidé, pour une raison obscure, de baptiser le papillon Sylvain. On trouvait que ça lui allait bien. J'ai fini par dire: "tu sais que je vais me faire un point d'honneur de répandre cette histoire sur le camp et que ton nouveau surnom va officiellement être Papillon, non?" Il m'a dit oui en riant. On sait tous les deux que le "gossip" se répand plus rapidement qu'un virus dans un camp de vacances. (Il ne sait pas que je tiens un blogue par contre. Lui, il écrit des chansons, moi, des textes.)

Le lendemain matin, on s'est levés en vitesse à 15 minutes du checkout de l'hôtel , trop endormis pour entendre nos réveils dans nos chambres respectives. Nous sommes allés prendre un respectable déjeuner pour emporter au McDo le plus proche. À notre retour dans le Sauvageau, Sylvain gisait, sur le tableau de bord, mort de sa belle mort. Nous avons observé une minute de silence, puis lui avons fait une sépulture décente dans une napkin du McDo.

Et c'est comme ça que j'ai voyagé avec Papillon.

Avez-vous déjà entendu pareille histoire? 😉

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Habileté légendaire

Je vous ai déjà parlé que je n’étais pas la personne la plus habile au monde. Je n’ai aucune connaissance de mes distances corporelles ou extracorporelles, ce qui signifie que je me cogne constamment partout.  Je suis couverte d’ecchymoses, habituellement sur les bras, parce que je me cogne sur les cadres de porte, sur les avant-bras, parce que je me cogne sur les poignées de porte, sur les hanches, parce que je me cogne contre l’îlot du comptoir, sur les tibias parce que je me cogne en montant les escaliers trop vite et je tombe ou encore je m’accroche constamment les orteils sur des coins de lit ou autre meuble étant sur mon chemin. Je me suis déjà cassé deux orteils, enceinte, parce que j’ai accroché un gros bol de crème glacée en céramique épaisse, avec ma bedaine de 8 mois, qui est tombé directement sur mon pied.

Il ne faut pas oublier non plus mes gaffes nombreuses, comme accrocher des choses, que ce soit, le visage de mes enfants quand je les coiffe, un verre sur le comptoir ou un café que j’ai renversé sur mon ordinateur.

Vous vous doutez que l’anecdote qui suit, renforce ma réputation déjà légendaire de personne malhabile. Je me suis séparée et j’ai dû déménager. J’ai donc récemment fait l’acquisition d’une nouvelle maison.

Il y avait des rénovations à faire, dont la salle de bains. Je vous vois venir: habileté légendaire+rénovations= désastre. Mais aussi surprenant que cela puisse vous paraître, je suis assez bonne pour les rénovations. Je suis méticuleuse et habile de mes mains. Bref.  J’ai été pressée par le temps et les murs de la salle de bains sont descendus au bas de la liste. Il restait du plâtrage et de la peinture à faire et je voulais me dépêcher avant que le plombier vienne connecter l’évier et la toilette. En commençant à sabler, j’ai remarqué une petite croûte de peinture qui levait sur le bas du mur. J’ai donc pris ma spatule à plâtrer et l’ai décollée. Mais là, ce n’est pas une petite croûte qui est venue mais plutôt une guirlande. J’ai commencé à gratter le mur et ça décollait partout. Une tempête de vieille peinture.

C’était, au bas mot, une catastrophe. Mon plombier arrivait d’ici 1 heure et la peinture décollait comme une volée d’oiseaux à l’automne. Il fallait donc en plus que je sable le mur en entier, fasse des retouches de plâtrage, sable de nouveau, applique un apprêt à l’huile plus la peinture après. Mon plombier est arrivé, j’avais la mine défaite. Peinturer autour des meubles, non merci. Heureusement, il était également disponible le lendemain, il m’a donc proposé de revenir à la même heure. Je lui ai quand même demandé d’installer la toilette parce que les enfants avaient peur de descendre au sous-sol (Zalie avait eu l’idée géniale de dire aux autres qu’il y avait des loups-garous au sous-sol donc ils refusaient de descendre seuls malgré mes protestations et assurances que les loup-garous n’existaient pas). Ok c’était pas l’idée du siècle parce que ça m’obligeait maintenant à peinturer en arrière de la toilette mais ça m’évitait 3 réveils par nuit pour des envies pressantes. En tant que parent, faut choisir ses combats.

Donc le jeudi soir, après avoir couché mes trois adorables monstres, je me suis installée pour appliquer l’apprêt (oui le sablage avait déjà était fait). Je peinturais et en descendant du banc sur lequel j’étais juchée j’ai mis le pied….dans la panne de peinture…..à l’huile. J’ai lâché un «TABARNAK!!!» bien senti et je me tenais là, stupidement un pied en l’air avec le rouleau de peinture dans les mains et une colère noire que je sentais monter. Je me suis assise sur le bord du bain et j’ai parti l’eau pour laver mon pied. Mais étant un apprêt à l’huile la seule chose qui est arrivée est que bien sûr je me suis retrouvée les deux mains et les deux pieds complètement blancs. Je ne pouvais plus éteindre l’eau, ni sortir du bain et je n’avais pas de serviette. J’étais sur le bord d’exploser. Puis je me suis regardée et j’ai réalisé le ridicule de la situation. J’ai éclaté de rire. Un rire vrai et franc, à en rire aux larmes. Un rire que je n’avais pas eu depuis longtemps. Un rire qui a traversé les murs de ma nouvelle maison. Mon nouveau départ. Un rire qui m’a fait tellement de bien car il y avait longtemps que je n’avais pas ri autant.  J’ai finalement réussi à m’étirer jusqu’au drap que j’avais étendu. Je me suis grossièrement essuyée et ai réussi à me rendre jusqu’au rouleau de papier essuie-tout sur la toilette. J’en ai mis 2 sous mes pieds et ai «patiné» jusqu’à ma chambre. Je devais avoir l’air franchement ridicule et j’ai ri de plus belle. J’y ai pris une paire de bas que j’ai enfilés. J’ai fini ma peinture ainsi. Les orteils me collaient ensemble et je riais de plus belle.

Ça fait 3 jours que cette aventure est arrivée. J’ai encore de la peinture un peu partout sur les doigts et les pieds et même, surprenamment, dans les cheveux. J’ai frotté avec tout ce que j’avais dans la maison, parce qu’évidemment je n’avais pas de dissolvant à peinture. Je me suis donc lavée avec, respectivement: du VIM™, du savon à vaisselle, du VIM extra™, du Windex™, du Hertel™, name it. Je n’ai pas osé utiliser Le Céramiqueur™ vu le signe corrosif sur la bouteille et que la dernière fois que j’en avais utilisé ça me brûlait à travers mes gants.

Bref, mon habileté est toujours aussi légendaire, mais au  moins cette fois-ci j’en ai minimalement retiré un fou rire épique.

Une vie de mère ben ordinaire

La vie de maman, pas toujours de tout repos….
Cette semaine, j’ai eu une réunion pour le camp où je suis bénévole l’été et on s’est mis à parler de poux. Évidemment la tête me grattait en sortant de là…. Jusqu’à ce que: une tite affaire blanchâtre reste collée sur mon doigt après un grattage. Ma panique est passée de « je-le-sais-que-c’est-juste-psychologique » à « OMG mode lockdown à la maison, CODE ROUGE, ON BRÛLE TOUS LES TOUTOUS » (ce qui aurait certains avantages).
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La seule affaire que je peux vous dire c’est que quand t’achètes un peigne à poux et une boîte de gants à la pharmacie, les gens sont loin de toi en maudit dans la file d’attente et te regardent comme si tu avais le virus Ebola. Une inspection en règle SÉVÈRE a eu lieu pour tous les membres de la maison. Je n’ai rien trouvé heureusement, mais la moindre pellicule me parraissait suspecte et j’aurais volontiers avalé un flacon entier de Rivotril accompagné de 2-3 shooters de Jack Daniels pour me calmer parce que le coeur me débattait solide à chaque fois que je voyais un simili-résidu et je me retenais de ne pas hurler de terreur à chaque moment de panique. Vous aurez jamais vu des enfants se faire gratter le fond de tête de-même. Les « ouch » pis les « ayoye », je les entendais même pas. J’étais comme paralysée par ma peur et surtout, concentrée à ne rien laisser paraître. Le dalaï-lama de la maitrise faciale toé, Chose!!
Croyez-moi, ma fille a eu des oxyures l’an passé, je n’avais pas envie qu’une nouvelle infestation de parasites se déclare. Quand vous voyez un ver blanc se tortiller dans la vulve de votre fille (parce que oui, malgré mes remontrances elle s’essuie à l’envers ou pas du tout), premièrement, imaginez la maîtrise que ça prend pour ne pas:
a) hurler
b) contrôler son expression faciale (pas trop ma force, on va s’entendre)
c) la convaincre à 23h que c’est normal que je la lave dans le bain avec des gants et le lendemain matin aussi
d) la convaincre que ses toutous et douillettes ainsi que celles de toute la maison avaient besoin d’un bain MAINTENANT.
e) me trouver une excuse plausible pour lui examiner l’anus à 22h tous les soirs à la lampe frontale/lampe de poche pendant 2 semaines
e) inventer le pire mensonge blanc de toute l’histoire de l’humanité pour faire avaler à toute la famille des pilules qui a un petit ver sur la boite et les convaincre que c’est le logo de la compagnie.
Par ailleurs, pourquoi, mais vraiment POURQUOI je viens d’équiper Maxou de 3 paires de chaussures neuves et en faisant mesurer son pied pour les bottes d’automne/hiver il avait pris encore 1 point? Really? Et il me fait ça à 1 mois à peine du début de l’année scolaire? Vraiment, la vendeuse a dû m’entendre lever les yeux au ciel lors de cette constatation.
Et puis, découragment complet, Bébé a décidé que c’était maintenant la période du threenager et conteste absolument tout. Le Festival du Bacon est officiellement débuté.
Mais puisque j’ai l’habitude de tout voir en positif, et préférer voir le verre à moitié plein voici ma constatation:
– On a pas de poux! YAY!
– Les botillons achetés à Maxou aujourd’hui étaient finalement à moitié prix rendus à la caisse
– J’ai trois enfants en santé qui sont ma joie et m’encouragent à rester positive et forte.
– Il me restait du vin dans le frigo 😉

3 balles, 2 prises….bilan de mi-année

Je peux dire que mon début d’année en est un difficile. Parmi les évènements qui ont marqué mon début d’année, notons:
1- l’influenza, qui a failli me coûter la vie;
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Le virus de l’influenza m’a pas mal maganée. Première soirée, 40 de fièvre…

2- un sepsis pulmonaire doublé d’un épanchement pleural qui m’a envoyée aux soins intensifs suite à ce fabuleux virus de l’influenza;
3- un urticaire géant, qui avait tous les signes de réaction anaphylactique, pour lequel je me suis encore ramassée en salle de réanimation, branchée de partout (et les remontrances de plusieurs amis qui m’ont chicané parce que j’ai pris ma voiture pour me rendre à l’urgence, vous aviez raison, c’était pas ma meilleure). Notez par contre le fil du moniteur cardiaque qui s’agence assez bien à mon teint;
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Une heure suite au protocole d’anaphylaxie. Je commençais à désenfler.

4- un beau garçon à qui on vient de diagnostiquer un problème « mécanique » aux yeux, ce qui le classe au 5e percentile en lecture et qui explique certaines de ses difficultés;
5- mon beau garçon qui double sa deuxième année, à cause, entre autres, de ces difficultés et tout ce que ça implique, comme les 50 rendez-vous par semaine avec divers spécialistes;
6- une ride en ambulance avec une cocotte qui a solidement déboulé les escaliers et qui ne pouvait se relever seule…. Quand elle a fini par se relever, elle était incapable de se tenir assise ou debout. Je n’ai même jamais réussi à la faire s’asseoir ou se lever malgré de la glace, du Tylenol. J’ai fini par appeler l’ambulance après deux heures. À chaque fois que j’ai tenté de la mobiliser elle pleurait sa vie. Je n’ai jamais réussi à la faire bouger ou se lever… (mais l’ambulancier oui par contre… qu’est-ce qu’il avait de plus que moi coudonc??)
and it goes on……

Ce que j’en ai retenu:

1- J’ai une famille extraordinaire, sur qui je peux toujours compter, pour une oreille attentive, un accueil chaleureux ou du gardiennage au besoin;
2- J’ai des amis en or, toujours présents pour moi, que ce soit pour un texto, une visite, une sortie, une invitation pour me changer les idées, une visite à l’hôpital, agrémentée de fabuleuses revues à potin ou un repas;
3- j’ai finalement appris à demander de l’aide, à ma famille, mes voisins et mes amis ou collègues quand j’en avais besoin. Je me suis obligée à prendre soin de moi, que ce soit en m’entraînant ou en visitant mon acupuncteure, mon psychologue ou mon médecin au besoin. Le nombre de personnes qui m’ont tendu la main, en sachant que ce que je vivais était difficile est hallucinant. J’ai des voisins et des connaissances qui ont leur propre vie de fou et 3, 4 ou même 5 enfants qui m’ont offert de prendre les miens si, j’avais besoin de me reposer. Merci.
4- les professionnels du système scolaire se mettent littéralement en quatre pour vos enfants. Je me suis tellement sentie bien accompagnée, cette année encore par les divers intervenants qui ont eu à gérer le dossier de mon grand, merci à vous. Merci Mme Andréanne d’avoir pleuré avec moi pour cette difficile décision;
5-Je ne soignerai plus jamais de la même façon. Être de l’autre côté m’a permis de comprendre encore plus intensément les difficultés que vivent les gens lorsqu’ils sont  malades parfois. J’ai toujours eu une bonne empathie, mais je peux maintenant dire que je comprends la peur de perdre sa vie. Le souffle profond qui suit la détermination lorsqu’on se dit: « je vais m’en sortir », que l’on se répète comme un mantra pendant que les infirmières et les médecins s’affairent autour de vous, à réinstaller un autre soluté, faire une autre prise de sang, un autre ECG… Je comprends la détresse qui suit la réalisation qu’on a failli y laisser sa peau. Je comprends les nuits sans sommeil à retourner les évènements dans sa tête pour comprendre ce qui s’est passé. Je comprends les larmes de découragement.
6- J’avais déjà un immense respect pour les professionnels de la santé. Ce respect est d’autant plus important suite à ces épisodes de soins. On m’a écoutée, rassurée, soulagée, lavée. On a essuyé mes larmes, mis une main rassurante sur l’épaule ou serré dans les bras. Une infirmière aux soins intensifs a même pris le temps de masser mon cou endolori et laver mes cheveux.
Je connaissais la plupart des gens qui m’ont soigné, puisque je m’étais rendue à « mon » hôpital. Des infirmiers et préposés de ma connaissance ont changé leur division pour ne pas que je me sente mal à l’aise ou gênée s’ils me soignaient.  Les médecins que je connaissais prenaient quelques minutes de plus pour s’informer de ma famille, prenaient le temps de faire des blagues à mon chevet ou encore me montrer mes résultats d’examens pour que je comprenne la réalité de mon état de santé.  C’est vrai que notre système de santé est malade, à bien des égards. Mais pas à cause des gens qui y travaillent et qui, pour la plupart, font ce travail avec la même passion et le même dévouement que j’ai moi-même envers mon métier. Si jamais vous lisez ce texte, à vous tous, préposés, infirmiers et infirmières, inhalothérapeutes, pharmaciens, nutritionnistes, externes, résidents et médecins de l’Hôtel-Dieu-de-Québec, merci. Merci d’avoir été là quand j’en avais besoin. Merci pour vos bons soins et votre support moral. ( Et Dr. Camiré, vous êtes un très bel homme. Je pense que si j’avais pas eu une face de cadavre et des lunettes nasales je vous invitais à boire un verre, nonobstant le fait que ce n’est absolument pas éthique. Voilà, c’est dit…)
7- j’ai une résilience assez impressionnante et une bonne capacité à rester positive malgré les évènements difficiles. J’avais souvent tendance, auparavant, à voir tout en négatif en premier et à avoir de la difficulté à voir le positif des choses difficiles. C’est plus facile maintenant mais ça reste un combat parfois (spécialement 3-4 jours par mois….). Ça fait 12 ans, maintenant, que j’ai commencé à travailler sur moi. En consultant un psychologue, en lisant, en discutant avec divers professionnels et des amis et surtout, en acceptant mes fautes et mes faiblesses pour en faire des forces;
8-Je ne vivrai qu’une fois et je vais vivre cette vie pleinement. Je vais courir, sauter, aimer, skier, danser, grimper des montagnes, rire, manger, boire, voyager, dépenser, me trouver belle, me trouver bonne, accepter les compliments et les reproches. Je vais continuer à être drôle, énergique, hyperactive, folle, émotive, théâtrale, entêtée, traineuse et toutes les autres qualités et les autres défauts qui font de moi cette personne que vous aimez…ou pas.
Merci la vie, de mettre des embûches sur mon chemin. Même si ça me fait souvent pleurer, je m’en relève toujours plus forte et plus déterminée, avec un sourire plus grand encore.
moi

Choose life

 

Hier, j’ai appris la disparition d’une amie. Puis, plus tard en soirée j’ai appris qu’elle avait été retrouvée. Morte. Un suicide. Je me suis péniblement endormie, au bout de mes larmes, après avoir fait promettre à 20 amis par message texte de demander de l’aide s’ils en avaient besoin et promis la même chose en retour. Je me suis réveillée dans le même état ce matin, un peu surprise que ça m’atteigne autant. Je ne connaissais pas Lisanne tant que cela. Ce n’était pas une amie proche. Nous nous sommes rencontrées dans un cours de cardio-poussette. Ça avait cliqué entre nous. Nous nous sommes entrainées quelques fois ensemble, étant toutes les deux en congé maternité en même temps. Je la suivais sur Facebook et la croisais parfois à l’épicerie, la pharmacie, etc. On se parlait moins depuis que j’avais repris le travail.

Je l’ai croisée la dernière fois il y a environ 3 mois. Elle m’a vue, on s’est souri et on a commencé à parler de tout et de rien. Elle semblait en pleine forme. Puis hier, j’ai appris que ça n’allait vraiment pas. Depuis plusieurs mois, elle n’allait pas bien du tout. Je n’ai jamais rien décelé. Je trouvais qu’elle avait l’air fatigué. Elle a dû penser la même chose de moi.

Quand j’ai appris tout ce qu’elle avait vécu depuis quelques mois, j’étais surprise. Quand j’ai finalement appris la mauvaise nouvelle, j’étais ébahie. Comme toujours, lorsqu’on parle de suicide, la plupart des gens sont surpris. On ne pense jamais qu’un proche ou une connaissance va aller jusque là.

Je n’ose imaginer la souffrance qu’elle devait ressentir pour marcher seule vers la mort, en ne voyant aucune lumière au bout du tunnel. Pourtant, quand je l’avais rencontrée, c’est exactement ce que j’avais pensé d’elle. Qu’elle était lumineuse. J’essaie de comprendre dans quel état elle était pour décider de quitter cette vie qu’elle semblait aimer. Quitter ses deux beaux enfants. Et en même temps je me sens coupable parce que je la juge. Peu de gens vont oser le dire mais je me demande comment elle a pu décider de tout lâcher, pourquoi elle n’a pas demandé l’aide dont elle avait besoin. Et bien sûr, je me sens coupable. Même si ce n’était pas une amie proche, aurais-je dû voir au-delà de cette fatigue dans ses yeux? Aurais-je dû poser des questions?

Si aujourd’hui elle voyait le raz-de-marée que sa mort provoque sur les réseaux sociaux, peut-être cela la convaincrait-elle de dire: « je ne vais pas bien, je pense à la mort. Aidez-moi ». Mais en même temps, trop de gens jugent encore la dépression et la maladie mentale. Je peux donc comprendre pourquoi elle a dû essayer de ramer toute seule dans cette maladie. Pourquoi elle ne voyait pas qu’elle devrait continuer à se battre et à choisir la vie ou pourquoi elle refusait de se faire aider. Parce que parfois, c’est le cas. Parfois les gens sont bien entourés mais refusent de s’aider eux-mêmes. Et malheureusement, on a aucun contrôle là-dessus. 

C’est pourquoi je vais donc vous demander à vous de choisir la vie. Choose life. Demandez de l’aide avant qu’il ne soit trop tard ou acceptez celle qui se présente. Demander ou accepter de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais bien de courage et de force. Moi je l’ai fait, et je continue à le faire. Je consulte depuis plus de 10 ans. C’est clairement ce qui m’a sauvé la vie et qui me permet de dire aujourd’hui que je suis heureuse. Quand je dis sauver la vie, je n’ai jamais clairement pensé au suicide mais j’ai déjà été bien malheureuse. Je ne sais pas ce qui serait advenue de moi si je n’avais pas osé demander de l’aide mais je sais qu’aujourd’hui j’aime la vie. I choose life. Et c’est qui me pousse à rappeler mon psychologue chaque fois que ma vie va moins bien. Parce qu’il me laisse pleurer, crier, rire, désespérer puis espérer dans son bureau depuis longtemps. Merci Pierre.

choose life

source: Internet

Repose en paix ma belle Lisanne. xxx

I’m a bitch

Il y a quelques temps, j’ai su, par une de mes étudiantes que j’avais une réputation de bitch. Oh. Ok. Lors d’une rencontre pour une évaluation, elle me confiait avoir beaucoup apprécié son stage avec moi mais avoir eu peur à début, car elle avait entendu des CHOSES à mon sujet. J’ai demandé quoi…. Elle a eu l’air gênée mais m’a confié que j’avais une réputation de bitch. Auparavant, l’ancienne moi aurait pleuré durant des jours, je me serais vautrée dans une dépression abyssale en demandant à toutes mes connaissances  s’ils pensaient ça et j’aurais peut-être même démissionné, certaine que tout le monde me haïssait.  Ça, c’était avant d’être bien dans ma peau. C’était avant de me regarder dans le miroir et me trouver belle. C’était avant d’être fière de ce que je suis, ce que je suis devenue et avant de devenir consciente de mes qualités, autant que mes défauts. Cette fois-là, j’ai juste ri. Après tout, on a toujours parlé contre nos profs, ça fait partie de la game. On a dit de moi que j’étais une bitch.  Pas sévère, exigeante, gentille, drôle ou perfectionniste. Juste bitch. J’ai fait un peu de recherche étymologique pour découvrir le sens de ce petit mot, parce que peut-être est-ce moi qui n’en comprenais plus le sens. Apparemment, cela représente une salope, une chienne ou encore une femme malicieuse et autoritaire ou dominatrice. Well, well… 

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Vous vous demandez sans doute ce que j’ai fait de si terrible pour mériter ce titre? Pour mériter qu’on me qualifie ainsi  et qu’on attaque directement ma personne plutôt que mes compétences pédagogiques?  Parce qu’apparemment j’ai de l’ATTITUDE. Soit. Si c’est le cas, je suis donc bien contente d’être une bitch.  Parce que cette attitude, elle fait de moi ce que je suis. C’est justement cette attitude, qui fait partie de ma personnalité, qui fait de moi une enseignante qui n’a pas peur du ridicule et qui mime des rythmes respiratoires ou des patients angoissés ou agressifs pendant un cours. C’est cette attitude qui fait de moi une infirmière respectée parce que j’ose dire ce que je pense et poser des questions. C’est cette attitude qui fait de moi cette petite personne pleine d’énergie et théâtrale qui raconte ses histoires de soins et ses erreurs pour mettre ses cours en contexte.  Et je suis fière de cette attitude car ça m’a pris longtemps avant d’en arriver là. Ça m’a pris longtemps avant de m’aimer, être fière de moi, au prix d’efforts et de blessures  que vous ne pouvez même pas imaginer.  Ça m’a pris longtemps avant d’être fière de mon travail. Longtemps avant de me sentir à ma place parmi des gens, même ceux que je considérais mes amis ou dans ma propre famille. Ça m’a pris longtemps avant d’irradier de joie et pas juste d’énergie.  Je suis une femme avec un caractère, parfois bouillonnant. Je suis impulsive, joyeuse, drôle, empathique, ambitieuse, artistique, curieuse et passionnée. Je suis aussi extrêmement maladroite, je n’ai aucune connaissance de mes distances corporelles et fais souvent des gaffes, verbales ou autres (si besoin de preuve, voir ici, ici ou ici). Mais c’est cela qui fait mon charme j’imagine… C’est mon attitude qui fait qu’on m’aime ou qu’on ne m’aime pas. Et comme on dit, peu importe ce que tu fais, tu ne feras jamais l’unanimité. C’est mon attitude et ma façon de prendre tout à cœur qui fait que je suis perfectionniste et fait tant pour aider les autres. C’est mon attitude de femme parfois fragile qui me fait pleurer démesurément, m’apitoyer sur mon sort et me trouver atroce et inutile parfois, habituellement une fois par mois si vous voyez ce que je veux dire.  C’est mon attitude. Et j’en suis immensément fière.  Si c’est cela avoir de l’attitude et être une bitch….. Well, I’m a bitch.

 

Gaffeuse un jour….

J’en ai déjà fait mention, s’il avait fallu que se déroulent un jour les Olympiques de l’habileté et de la gestion des distances corporelles, j’aurais assurément gagné plusieurs fois, dans de multiples disciplines. 

  
Je me souviens, un jour, avoir fait un accident de voiture en revenant de travailler. Rien d’énervant: une vitesse trop élevée en tournant à la dernière seconde et une chaîne de trottoir. Une tinque à huile de percée. Des beaux pompiers qui répandent de la chaux pour absorber l’huile. Une fille bin gênée. J’arrive au garage, on me prête une voiture et je retourne chez moi. J’habitais chez ma mère dans le temps. Arrivée à la maison, je me rends compte que j’ai oublié mes clés de maison au garage. Good. Je décide de passer par la fenêtre, ce qui m’arrivait passablement souvent, vu le nombre de fois où j’oubliais mes clés. Mais voilà, ma mère avait récemment fait installer un système d’alarme relié à une centrale. Il se déclenche, évidemment, alors je me dépêche à rentrer  mais m’enfarge dans les stores durant ma précipitation, que j’arrache, évidemment. Je tombe avec un bruit sourd sur le plancher et me dirige à grands coups de tab…!! et de boiteries vers le foutu panneau de contrôle pour arrêter cette damnée sonnerie. Ouf! C’est fait. J’attends avec le téléphone en main que la compagnie appelle. Pour une raison obscure, le système est branché sur la ligne du sous-sol. Je repars donc à la course et dévale l’escalier pour répondre. Le mot de passe? Je le sais tu moé? Ils ont donc appelé ma mère , pour confirmer que l’illuminée au bout du fil était bien sa fille. Quand elle est arrivée à la maison, je suis certaine qu’elle avait envie de rire, mais voyant que je braillais sous la couette, elle s’est retenue, devant moi en tout cas. Il faut dire qu’elle était passablement habituée à ce genre de déboires. 

La gaffe d’aujourd’hui, figure quand même dans mon top 5. Je suis à mon bureau et je travaille sur une dernière chose avant de quitter. Je m’apprête à siroter mon café trop chaud. Je me lève pour prendre le couvercle de ma tasse à café hermétique et PAF! avec ma main, j’accroche la tasse à café. Qui se déverse comme si de rien était sur mon clavier d’ordinateur. J’ai hurlé un TABARNAK!! bien senti et me suis levée. Deux collègues sont arrivées, alertées par mon cri de mort et sur le moment, avaient l’air aussi paniquées que moi en voyant la soupe sur mon bureau. Nous cherchions toutes frénétiquement quelque chose pour essuyer le dégât. Juste de même, si vous cohabitez dans votre bureau avec une gaffeuse, gardez donc des essuie-tout à portée de main. J’ai épongé le plus que je pouvais et j’ai tourné l’ordinateur à l’envers, selon les conseils d’une collègue. Nous avions toutes les deux l’impression futile d’une idée de génie: ça va s’évacuer!!! Mes collègues tentaient de sauver mes documents et mes articles de bureau. Le pire, c’est que j’avais pris la peine de transférer mon café de contenant parce que je savais très bien que je risquais de l’accrocher, qu’il allait se renverser et que le petit verre en carton n’était pas sécuritaire pour une gaffeuse de classe mondiale comme moi. 

La mort dans l’âme, j’ai appelé au service informatique. 

-mettons que je te disais que j’ai comme renversé mon café sur mon portable…. Ça me coûterait combien pour pas me faire chicaner trop fort?? 

-silence au bout du fil……… CHER. 

-ah. Ok. Bin tu veux ça en Skittles ou en Starburst? 

-est-ce qu’il s’ouvre? 

-eeeeh… (Je priais vous pensez??) OUIIII! Oui! Bin oui il allume! 

-ferme-le pis viens me le porter

-ok. 

J’aurais voulu rentrer dans le plancher. Le regard de feu auquel j’ai eu droit en rentrant au service informatique m’a fait sentir encore plus nulle. J’ai remis mon ordinateur et j’ai dit: « je m’excuse »

-(silence et nouveau regard de feu.) je vais faire ce que je peux. 

-(petite voix): ok merci..

J’avais le goût de pleurer. J’avais les larmes aux yeux en sortant du bureau.  

Une championne du monde toutes catégories. Je vous l’avais dit… Top 5.