Habileté légendaire

Je vous ai déjà parlé que je n’étais pas la personne la plus habile au monde. Je n’ai aucune connaissance de mes distances corporelles ou extracorporelles, ce qui signifie que je me cogne constamment partout.  Je suis couverte d’ecchymoses, habituellement sur les bras, parce que je me cogne sur les cadres de porte, sur les avant-bras, parce que je me cogne sur les poignées de porte, sur les hanches, parce que je me cogne contre l’îlot du comptoir, sur les tibias parce que je me cogne en montant les escaliers trop vite et je tombe ou encore je m’accroche constamment les orteils sur des coins de lit ou autre meuble étant sur mon chemin. Je me suis déjà cassé deux orteils, enceinte, parce que j’ai accroché un gros bol de crème glacée en céramique épaisse, avec ma bedaine de 8 mois, qui est tombé directement sur mon pied.

Il ne faut pas oublier non plus mes gaffes nombreuses, comme accrocher des choses, que ce soit, le visage de mes enfants quand je les coiffe, un verre sur le comptoir ou un café que j’ai renversé sur mon ordinateur.

Vous vous doutez que l’anecdote qui suit, renforce ma réputation déjà légendaire de personne malhabile. Je me suis séparée et j’ai dû déménager. J’ai donc récemment fait l’acquisition d’une nouvelle maison.

Il y avait des rénovations à faire, dont la salle de bains. Je vous vois venir: habileté légendaire+rénovations= désastre. Mais aussi surprenant que cela puisse vous paraître, je suis assez bonne pour les rénovations. Je suis méticuleuse et habile de mes mains. Bref.  J’ai été pressée par le temps et les murs de la salle de bains sont descendus au bas de la liste. Il restait du plâtrage et de la peinture à faire et je voulais me dépêcher avant que le plombier vienne connecter l’évier et la toilette. En commençant à sabler, j’ai remarqué une petite croûte de peinture qui levait sur le bas du mur. J’ai donc pris ma spatule à plâtrer et l’ai décollée. Mais là, ce n’est pas une petite croûte qui est venue mais plutôt une guirlande. J’ai commencé à gratter le mur et ça décollait partout. Une tempête de vieille peinture.

C’était, au bas mot, une catastrophe. Mon plombier arrivait d’ici 1 heure et la peinture décollait comme une volée d’oiseaux à l’automne. Il fallait donc en plus que je sable le mur en entier, fasse des retouches de plâtrage, sable de nouveau, applique un apprêt à l’huile plus la peinture après. Mon plombier est arrivé, j’avais la mine défaite. Peinturer autour des meubles, non merci. Heureusement, il était également disponible le lendemain, il m’a donc proposé de revenir à la même heure. Je lui ai quand même demandé d’installer la toilette parce que les enfants avaient peur de descendre au sous-sol (Zalie avait eu l’idée géniale de dire aux autres qu’il y avait des loups-garous au sous-sol donc ils refusaient de descendre seuls malgré mes protestations et assurances que les loup-garous n’existaient pas). Ok c’était pas l’idée du siècle parce que ça m’obligeait maintenant à peinturer en arrière de la toilette mais ça m’évitait 3 réveils par nuit pour des envies pressantes. En tant que parent, faut choisir ses combats.

Donc le jeudi soir, après avoir couché mes trois adorables monstres, je me suis installée pour appliquer l’apprêt (oui le sablage avait déjà était fait). Je peinturais et en descendant du banc sur lequel j’étais juchée j’ai mis le pied….dans la panne de peinture…..à l’huile. J’ai lâché un «TABARNAK!!!» bien senti et je me tenais là, stupidement un pied en l’air avec le rouleau de peinture dans les mains et une colère noire que je sentais monter. Je me suis assise sur le bord du bain et j’ai parti l’eau pour laver mon pied. Mais étant un apprêt à l’huile la seule chose qui est arrivée est que bien sûr je me suis retrouvée les deux mains et les deux pieds complètement blancs. Je ne pouvais plus éteindre l’eau, ni sortir du bain et je n’avais pas de serviette. J’étais sur le bord d’exploser. Puis je me suis regardée et j’ai réalisé le ridicule de la situation. J’ai éclaté de rire. Un rire vrai et franc, à en rire aux larmes. Un rire que je n’avais pas eu depuis longtemps. Un rire qui a traversé les murs de ma nouvelle maison. Mon nouveau départ. Un rire qui m’a fait tellement de bien car il y avait longtemps que je n’avais pas ri autant.  J’ai finalement réussi à m’étirer jusqu’au drap que j’avais étendu. Je me suis grossièrement essuyée et ai réussi à me rendre jusqu’au rouleau de papier essuie-tout sur la toilette. J’en ai mis 2 sous mes pieds et ai «patiné» jusqu’à ma chambre. Je devais avoir l’air franchement ridicule et j’ai ri de plus belle. J’y ai pris une paire de bas que j’ai enfilés. J’ai fini ma peinture ainsi. Les orteils me collaient ensemble et je riais de plus belle.

Ça fait 3 jours que cette aventure est arrivée. J’ai encore de la peinture un peu partout sur les doigts et les pieds et même, surprenamment, dans les cheveux. J’ai frotté avec tout ce que j’avais dans la maison, parce qu’évidemment je n’avais pas de dissolvant à peinture. Je me suis donc lavée avec, respectivement: du VIM™, du savon à vaisselle, du VIM extra™, du Windex™, du Hertel™, name it. Je n’ai pas osé utiliser Le Céramiqueur™ vu le signe corrosif sur la bouteille et que la dernière fois que j’en avais utilisé ça me brûlait à travers mes gants.

Bref, mon habileté est toujours aussi légendaire, mais au  moins cette fois-ci j’en ai minimalement retiré un fou rire épique.

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